Logo
   Accueil  |  Livre d'or

 Menu principal :

Nos pages
Puce La Vallée du Viaur
Puce Contes du Viaur
Puce Tarnais célèbres
Puce La région en 1900
Puce Les figures du pays
Liste Yahoo Familles Viaur
Puce Liste Familles_Viaur
Puce Accès privilégié

 Rive gauche :

Puce Monestiés
Puce Trévien
Puce Le Ségur
Puce Lacapelle-Ségalar
Puce Saint-Martin-Laguépie
Puce Jouqueviel
Puce Saint-Christophe
Puce Montirat
Puce Pampelonne
Puce Mirandol-Bourgnounac
Puce Almayrac
Puce Sainte-Gemme
Puce Moularès
Puce Tanus

 Visiteurs en ligne :
visites En ce moment:
0 membre et 1 visiteur
34 visites aujourd‘hui
Record de visites:
31/10/13: 492 visites
Record de membres:
10/03/06: 9 membres
Record simultané:
22/04/16: 140 visiteurs
10/03/06: 3 membres

 Visiteurs:
357463 visiteurs
depuis le 12/02/2006

 Tarnais célèbres

HOMMES, ÉCRIVAINS
ET
ARTISTES CÉLÈBRES DU TARN

Les lettres
Augier GAILLARD
Antoinette SALVAN de SALIES
Dom VAISSETTE
Pierre AZAIS
Maurice de GUERIN
Eugénie de GUERIN
Louisa PAULIN
Lucien FABRE
L’armée
Jean de Dieu SOULT
Général Comte d’HAUTPOUL
Colonel TEYSSIER
La Marine
Jean-François de GALAUP
Henry-Paschal de ROCHEGUDE
Emmanuel de LAS CASES
La Médecine
Antoine PORTAL
Général LE PINEL
Les Arts
Henri de TOULOUSE-LAUTREC
La Politique
Emile COMBES
Jean JAURES

A première vue, il est difficile de résumer en quelques lignes l'histoire de la pensée tarnaise qui illumina plusieurs siècles et dont la glorieuse continuité servit, avec celles qui cheminèrent à côté d'elle dans les provinces voisines et fraternelles, le prestige de la France toute entière. Cependant il est nécessaire, en les associant, de montrer que la terre, le commerce, l'industrie, les lettres, les sciences et les arts, les spéculations de l'esprit et les élans de l'action sont chacun, avec ses vertus propres, indissolublement liés dans notre département. Et il importe que de grands noms ne soient pas oubliés.
D’après une étude du Docteur L. DEVOISINS, ancien maire d’Albi.



LES LETTRES



Terre de Languedoc, la terre tarnaise vit d'abord fleurir la poésie des troubadours. Azémar le Nègre, Albert Cailla, Guillaume Huc, Guillaume Evesque, Hugues de Lescure, Guillaume d'Hautpoul, animèrent les cours d'amour. Mais la croisade contre les Albigeois ensanglanta notre terre et étouffa pour longtemps avec la joie de vivre les jeux de la chanson et de la poésie. Hommes écrivains et artistes célèbres du Tarn - Docteur L. DEVOISINS, Ancien maire d’Albi – Bordeaux 1956.

Augier GAILLARD

*« Lou roudié », de Rabastens, où il naquit vers 1630. Charron, poète et soldat, il fut le premier à publier ses vers en langue occitane bien qu'il ait écrit aussi en français et qu'il admirât Ronsard, du Bartas et Desportes. Son style n'a pas la grâce mièvre d'une aristocratie finissant, mais une âpreté dure et sans détour, très près du peuple d'où il est né et dont il a la rude franchise. Calviniste Son oeuvre est importante : « las Obros », « lou Libre gras », « le Banquet », « l'Apocalypse », remplissaient huit volumes, qui sont devenus rarissimes.
Plus poète que soldat, Augier Gaillard participa sans grande conviction, semble-t-il, aux luttes qui divisaient les habitants du Languedoc.
Hommes écrivains et artistes célèbres du Tarn - Docteur L. DEVOISINS, Ancien maire d’Albi – Bordeaux 1956.

* Poète et artisan languedocien du XVI ème siècle, né à Rabastens, en Albigeois. Charron d'abord, Gaillard s'ennuya bientôt de façonner des roues, et, se sentant une grande facilité pour la rime, fit un volume qui lui donna un certain renom. Ne croyez pas que ce fût l'amour de la gloire qui lui mît la plume à la main. Baste! Autant en emporte le vent, et la gloire ne fait pas vivre. C'est que notre poète était obligé de se débattre contre les mille petites réalités de la vie, et n'était que trop souvent vaincu. Ce n'était pas le pain seulement qu'il fallait à Gaillard Augier ; il était immodérément porté vers un genre d'existence contre lequel sa bourse (s'il en avait, une) protestait énergiquement. Il n'y avait, qu'un moyen pour les poètes du temps de mener folle et joyeuse vie, c'était de se mettre à la suite d'un grand seigneur, et lou roudié (charron) dé Rabastens ne s'en fit pas faute. Après avoir rudement guerroyé sous la bannière de Guillaume de l’Herm et du vicomte de Montclar, il quitta la hallebarde pour le rebec et le violon, et courut de fête en fête, faisant danser les fillettes et les bons garçons. Les seigneurs, égayés de ses bons propos, le convieront à leurs festins, et lui, qui n'était pas honteux, ne craignait pas de leur demander force beaux écus qu'on lui accordait d'ailleurs assez facilement. Tout cela est consigné dans : «Lou banquet d'Augié Gaillard, roudié dé Rabastens en Albïgez, al cal banquet a beleop de sortos de meises per so que tout lou moun n'est pas d'un goust. Lou tout dédiat à Monsieur de Seré, seighour de Courronsac » ; c'est-à-dire : Le banquet d'Augier Gaillard, maître charron de Rabastens en Albigeois, auquel banquet il y a plusieurs sortes de mets, parce que tout le monde n'est pas du même goût. Le tout dédié à monsieur de Seré, seigneur de Corronsac. En tête de l'édition se voit le portrait de l'auteur, déjà sur le retour. Avec quelle candeur il raconte sa vie dans ces pages intimes ! O naïveté des premiers âges de notre poésie :
Pour me glorifier je n'ay point fait ce livre,
Ni pour penser aussi mon nom esterniser;
Je l'ai fait seulement pour voir et adviser
Si l’estat de rimeur me donneroit à vivre.

Voyez-vous, pour cet homme, être charron ou poète, c'est tout un. Il ne peut vivre avec ses roues, il vivra peut-être de ses vers. Avant tout, il faut vivre ! Et Dieu sait en quelle pénurie se trouvait le pourpoint de messire Gaillard. Jugez-en :
J'ay un autre mestier, lequel je voudrois suivre,
Qu'est l’estat de rodier qu'il ne faut mépriser;
Mais il me cousteroit de faire authorizer,
Et tout le bien que j'ay ne vaut pas une livre.

Pas une livre ! Est-il quelque chose de plus dénué ici-bas que l'était Augier Gaillard ? Il a cependant eu quelque opulence; jadis,
J'ay garnie boutique a mon pays deux fois,
Que toujours m'ont pillée mes livres et mon bois ;
et, me voyant pillé, il faut que-je vous die
Que me suis mis à lire et à rimer aussi ;
Mais pour autre raison je n'ay point fait ceci,
Sinon tout seulement que pour gagner ma vie.

Pour peu que vous insistiez, ce malheureux se mettra à vos genoux et vous demandera pardon de faire des vers. Quelle humilité ! Quelle leçon pour ceux, qui peuvent comprendre ! Ce n'est pas à lui que Voltaire eût été forcé de dire : « Mon ami, faites des... roues. » Figurez-vous que Gaillard avait un petit fonds de commerce, l'espoir de sa vie, mais que deux fois.
Lui ont pillé ses livres et son bois.
Parce qu'il était partisan de la Réforme. Lui représente ici les catholiques. Bien mieux, il eut à subir des persécutions comme un véritable martyr. Chassé de ville en ville, il fut obligé de se réfugier dans le Béarn et profita de l'occasion pour demander un secours à Henri IV. Le futur roi de France, toujours bon, quoique pauvre, lui donna 100 écus. Un jour, Gaillard déclara sérieusement qu'il allait mettre fin à cette vie romanesque et couronner ses folies par son mariage avec une négresse. Il ne lui manquait plus, pour allumer les flambeaux de l'hyménée et multiplier un peu, comme il le dit plaisamment, qu'une petite rente de 50 écus, en qualité de poète nécessiteux. La pension fut peut-être accordée, mais la négresse était une pure invention de ce facétieux personnage. Gai jusqu'au bout, il se composa une épitaphe qui n'est pas la moins humoristique de toutes celles qu'on s'est faites a soi-même :
Ci-gist Augier qu'on regrette bien fort,
Car il rimoit mieux que nul de sa race ;
Et sa maîtresse est cause de sa mort :
Que maintenant elle fût en sa place !

S'il paraît peu enchanté de sa maîtresse, il a pour lui-même un peu plus de complaisance et se proclamerait volontiers immortel. Ou ne peut lui refuser une grande facilité, beaucoup de sel, grossier souvent, mais parfois assez fin, la perpétuelle bonne humeur d'un esprit toujours en fête, et on lui pardonne ses gaillardises parce qu'il amuse toujours. Au recueil que nous venons de citer, le poète a ajouté un second livre intitulé : Lou libre gras, titre engageant pour les pantagruélistes, en majorité à cette époque de sève surabondante. C'était par un calcul fort ingénieux et assez connu de nos jours que cette addition avait été faite. Il lui restait 200 exemplaires de son premier ouvrage, et il comptait bien les faire passer à la faveur du Livre gras. On a encore de lui : les Amours prodigiouses d'Augier Gaillard, rodier de Rabastens, en Albigeois, mises en vers françois et en langue albigeoise; avec six ou sept requesteset autres belles et plaisantes choses. A Madame... (Sans nom de lieu, 1592).
Pierre Larousse - Grand Dictionnaire Universel du XIXe siècle.

Antoinette SALVAN DE SALIES (1638-1730).

*Un siècle plus tard, Antoinette Salvan de Saliès releva la tradition des lettres tarnaises. En se nommant avec trop de modestie « une pauvre muse albigeoise », elle voulut affirmer avant tout son attachement au pays natal, qu'elle célébra avec amour dans toutes ses oeuvres. Elle était, nous dit-on, beaucoup plus dans la lignée de la sage La Fayette et de la sérieuse Sévigné, qui furent ses contemporaines, que des précieuses trop souvent frivoles, et « elle observa toujours cette étroite union des vertus privées et de celles que l'esprit fait naître avec le talent ».
Elle fonda « l'Académie de Bonne Foi », qui tenait ses assises dans son château de Saliès, dont elle fit avec succès un centre des grâces et de la distinction. Elle publia un roman historique: « Les princesses de Bavière: Isabelle et Marguerite » ; par la suite, « La Comtesse d'Isembourg, princesse de Hohenzollern », les « Réflexions chrétiennes » et collabora pendant de nombreuses années au «Mercure Galant».
Elle s'éteignit à l'âge de 92 ans, aïeule respectée et auteur encore admiré.
Hommes écrivains et artistes célèbres du Tarn - Docteur L. DEVOISINS, Ancien maire d’Albi – Bordeaux 1956.

*Femme poète française, née à Albi en 1638, morte dans la même ville en 1730. Devenue veuve d'Antoine de Fonvielle, seigneur de Salies, viguier d'Albi, lorsqu'elle était encore dans tout l'éclat de sa beauté (1672), Antoinette refusa de se remarier pour se consacrer tout entière au culte de la poésie et à l'éducation de ses enfants. Elle écrivit des Paraphrases sur les psaumes de la pénitence, diverses Lettres et Poésies, imprimées en grande partie dans la Nouvelle Pandore ou les Femmes illustres du règne de Louis le Grand ; enfin, la Comtesse d'Isembourg (1678 in-12), roman historique qui a été traduit en plusieurs langues. Mme de Salies, qui devint, en 1689, membre de l'Académie des Ricovrati de Padoue, essaya, en 1704, de former une société littéraire qui se réunissait une fois par semaine dans sa maison, et prenait le titre de Société des chevaliers et chevalières de la Bonne-Foi. Le premier statut de cette compagnie, qui disparut avec sa fondatrice, était celui-ci :
Une amitié tendre et sincère,
Plus douce mille fois que l'amoureuse loi,
Doit être le lien, l'aimable caractère
Des chevaliers de Bonne-Foi.
Pierre Larousse - Grand Dictionnaire Universel du XIXe siècle.


Dom VAISSETTE (1685-1756).

*Né à Gaillac, moine bénédictin, il écrivit son « Histoire générale du Languedoc » en cinq volumes, qui est un monument d'érudition et aussi de bonne foi et d'impartialité. Il l'arrêta à l'année 1643 dans « la crainte de ne pas parler de ses contemporains avec la liberté convenable ».
Dom Vaissette n'a pas cédé à la tentation d’embellir par des envolées littéraires les textes authentiques et de donner libre cours à son imagination en risquant de dénaturer les faits. Il sut rendre justice à ceux qui, du point de vue politique ou religieux, auraient pu être des adversaires. « La rigueur dogmatique du bénédictin était atténuée par ses origines, et son patriotisme languedocien se souvenait de la croisade. »
Peut-être, selon l'expression de Paul Valéry, l'histoire n'est-elle qu'une « pauvre science conjecturale ». Encore faut-il reconnaître à dom Vaissette le mérite d'avoir tenté par la rigueur de sa méthode de se rapprocher le plus qu'il était possible de la vérité, et de permettre ainsi à ceux qui veulent la connaître de mieux pénétrer l'âme de nos provinces méridionales.
Dom Vaissette mourut à Paris le 10 avril 1756 et fut inhumé à Saint-Germain-des-Prés.
Hommes écrivains et artistes célèbres du Tarn - Docteur L. DEVOISINS, Ancien maire d’Albi – Bordeaux 1956.

*Historien français, né à Gaillac, près d'Albi, en 1685, mort à Paris en 1756. Après avoir étudié le droit à l'Académie de Toulouse, il se fit recevoir avocat, acheta ensuite une charge de procureur, puis, sentant ces fonctions incompatibles avec son goût pour les investigations historiques, il renonça au monde et entra chez les bénédictins de Saint-Maur. Vaissette prit l'habit en 1711, au monastère toulousain de la Daurade, et de là passa à l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, de Paris, où il composa sa célèbre histoire du Languedoc. Ses principaux ouvrages sont : Dissertation sur l'origine des Français (Paris, in-12) ; Histoire générale du Languedoc (Paris, 1730, 1745, 5 vol. in-fol., fig. ; indépendamment du complément ajouté par dom Bourotte, il en existe une édition moderne augmentée des travaux de dom Vic (in-4o); à laquelle M. Al. du Mége, savant toulousain, a encore ajouté de nouveaux détails ; Abrégé de l'histoire générale du Languedoc (Paris, 1749, vol. in-12); Lettre à Fontenelle sur Romieu de Villeneuve, ministre de Raymond-Bérenger , comte de Provence, dans le Mercure mars 175l) ; Géographie historique, ecclésiastique et civile ou Description de toutes les parties du globe terrestre, enrichie de cartes géographiques (Paris, 1755, 4 vol. in-4° ou vol. in-12).
Pierre Larousse - Grand Dictionnaire Universel du XIXe siècle



Pierre Hyacinthe AZAIS (1766-1845).

*Philosophe, né à Sorèze, Azaïs chercha longtemps sa voie, hésitant entre les sciences et la musique. Tenté par le cloître après quelques mois de noviciat, il renonça à entrer dans les ordres. Il erra dans tout le Midi, fonda un pensionnat à Gaillac, enseigna au collège d'Albi.
Enfin, la notoriété vint et Paris admira sans réserve sa « Philosophie », réunie en plusieurs volumes, son « Explication universelle » et d'innombrables études de métaphysique, de morale et de sociologie. Deux idées dominantes de la philosophie d'Azaïs ont été en avance de plus d'un siècle. Ce sont d'abord le féminisme, dont il s'était fait le champion, et surtout le principe de la Société des Nations dont il avait prévu la théorie et l'organisation et qui d'ailleurs, était pour lui l'évolution et l'interprétation d'un naturisme issu des théories de J.J. Rousseau.
Mais un des éléments majeurs de la philosophie d'Azaïs, c'est la théorie « du Système des compensations dans les destinées humaines » qui s'intègre à celui de « l'Explication universelle » et qui, dans l'ordre physique, physiologique, intellectuel, moral et politique, aboutit à un équilibre parfait. (Paradoxe évident dont le théâtre contemporain a fait son profit dans une pièce gaie de L. Verneuil et Georges Berr, intitulée justement « Azaïs », et qui a redonné une actualité imprévue à un philosophe estimable, mais quelque peu oublié.)
Hommes écrivains et artistes célèbres du Tarn - Docteur L. DEVOISINS, Ancien maire d’Albi – Bordeaux 1956.

*Philosophe français, fils du précédent, né à Sorèze en 1766, mort à Paris en 1845. Son père était professeur de musique au, collège de Sorèze, et c'est là qu'Azaïs fit des études moitié littéraires, moitié scientifiques, jusqu'à l'âge de seize ans. Brusquement lancé dans le monde sans autre appui que celui de son père, marié en troisièmes noces et peu soucieux de son fils. Azaïs devint sombre, rêveur, mélancolique, se heurta de front aux premiers obstacles qu'il rencontra sur sa route, et, de dépit, résolut de s'enterrer dans un cloître. Quelques personnes bien avisées lui firent entendre raison, et obtinrent qu'avant de prononcer les vœux, éternels, il entrât dans une congrégation religieuse où l'on pouvait ne s'engager que pour un an. Le jeune homme écouta ces conseils et se fit admettre, en 1783, dans la congrégation des doctrinaires, où il connut plusieurs hommes remarquables, tels que Daunou, Laromiguière, etc. Cependant il reconnut bientôt qu'il avait pris une fantaisie de son imagination pour une véritable vocation, et il s'estima fort heureux d'être envoyé, après six mois de noviciat, au collège de Tarbes, comme régent de cinquième. Cette seconde situation lui déplut presque autant que la première, et il saisit avec empressement l'occasion d'en sortir en acceptant la proposition que lui fit l'évêque d'Oléron de devenir son secrétaire. Mais Azaïs ne devait pas sitôt se fixer dans la vie. Les relations que son nouveau poste lui imposait avec les prêtres, vicaires, chanoines et autres ecclésiastiques de la cathédrale, lui devinrent en peu de temps insupportables, d'autant mieux qu'on ne cessait de l'engager apprendre la soutane, et, un beau jour, il s'en revint à Toulouse, où son père était établi depuis peu; tout était à recommencer. Il voulait entrer dans les ponts et chaussées: son père désirait qu'il se fit avocat; une place d'organiste se présenta, il l'obtint et alla en prendre possession à l'abbaye de Villemagne, près Béziers. Tout nouveau, tout beau. Ce fut d'abord un ravissement véritable, un enthousiasme sans bornes pour les splendeurs agrestes de la campagne dans laquelle il se trouvait enterré. Puis l'ennui survint ; un moyen se présenta de le secouer, et il se garda bien de le laisser échapper. Il devint précepteur des fils du comte du Bosc, riche propriétaire des Cévennes, et demeura chez lui jusqu'à la Révolution. D'abord partisan des idées nouvelles, Azaïs les répudia bientôt, ce qui fut l'occasion de son premier écrit, et, condamné pour ce fait à la déportation, il fut obligé de chercher un refuge à l'hôpital des sœurs de la Charité de Tarbes, où il passa dix-huit mois. M. Guadet, l'auteur d'une notice très complète sur Azaïs, et à qui nous empruntons les détails de cette biographie, a raconté tout au long le séjour du philosophe dans cet asile de la charité où, parait-il, il jeta les premières bases de son système, qui tend à établir que tout se compense : la destruction et la recomposition dans le monde physique ; la r. douleur et le plaisir dans le monde moral. V. COMPENSATIONS.) Nous, ne suivrons pas Azaïs dans toutes ses pérégrinations à travers la France; il nous a suffi de donner une idée de l'existence nomade qu'il mena pendant la plus grande partie de sa jeunesse. Il avait, dit M. Guadet, connu Mme Cottin à Bagnères, et un projet de mariage avait été formé; mais les circonstances empêchèrent qu'il n'y fût donné suite. Revenu à Paris en 1800, il annonça la philosophie des Compensations par quelques opuscules qui eurent un succès de curiosité. Napoléon, on le sait, n'aimait pas les idéologues ; mais tout système qui tend à inspirer la résignation au peuple est toujours bien accueilli des puissants, et, loin d'empêcher Azaïs de publier ses idées philosophiques, le gouvernement impérial l'encouragea en lui donnant une place de professeur au prytanée de Saint-Cyr (c'est à Saint-Cyr qu'il connut et épousa Mme Berger, veuve d'un officier mort à Austerlitz). De retour une fois encore à Paris, après dix-huit mois de séjour au prytanée, qu'il quitta lors de la translation de cette école à La Flèche, Azaïs se décida à publier son livre des Compensations, qui lui fournit rapidement une sorte de célébrité, mais peu d'argent; et il lui fallut de nouveau solliciter du gouvernement la place d'inspecteur de la librairie à Avignon. Il l'obtint en et fut envoyé l'année suivante, avec le même titre, à Nancy, où il resta jusqu'à l'arrivée des alliés. En 1815, il écrivit un livre plein de zèle pour la cause de Napoléon, et dès lors il s'aliéna le plus grand nombre de ses protecteurs. Pendant plusieurs années, il vécut à Paris, dans un état voisin de la détresse; mais enfin, grâce à de puissantes influences, il obtint de M. Decazes une pension de 6.000 francs, et pu dès lors se livrer à son aise à ses spéculations philosophiques. Il publia successivement une série de volumes, parmi lesquels : les Inspirations religieuses, le Cours de philosophie religieuse, l'Explication universelle, etc., etc.; et, non content de Propager ses idées par les livres, il recourut la parole, qu'il avait, paraît-il, éloquente et persuasive. « On a beaucoup parlé, dit M. Guadet, des conférences tenues par Azaïs au milieu de son jardin, dans les années 1827 et deux fois par semaine, à la chute du jour, ce jardin vaste et tranquille se remplissait d'une société nombreuse; un modeste amphithéâtre, ombragé de grands arbres, sa couvrait d'hommes graves, de jeunes gens studieux, de dames élégantes ; Azaïs arrivait bientôt. Son âge, ses longs cheveux blancs, la simplicité de son maintien et de son costume, son air de bonté, tout disposait à une bienveillante attention. » Nous nous sommes étendus longuement, ailleurs (v. COMPENSATIONS), sur le système philosophique d'Azaïs et la valeur qui, suivant nous, doit lui être accordée ; nous nous contenterons de donner ici la liste de ses ouvrages, en dehors de celui qui sauvera peut-être son nom de l'oubli. Ce sont : Système universel (1812) ; Manuel du philosophe (1816); Du sort de l'homme dans toutes les conditions (1820) ; Jugement impartial, sur Napoléon (1820) ; Cours de philosophie générale (1821) ; Explication universelle (1826); Jeunesse, maturité, religion, philosophie (1837); De la Phrénologie, du Magnétisme et de la Folie; Explication du puits de Grenelle (1843).
Pierre Larousse - Grand Dictionnaire Universel du XIXe siècle.

Maurice de GUERIN (1810-1839).

*Il naquit en 1810 au château du Cayla, près de Gaillac. Il aimait passionnément son pays. C'est de cet amour qu'il avait acquis, suivant son ami Barbey Aurevilly, « la mysticité de la nature et le positivisme de ses phénomènes ». Peintre et poète, il en est l'artiste, il en est l'amant, il en est le maître, il en est l'esclave, il en est l'enfant, il en est le roi. Il se panthéise en elle. Et c'est le naturisme romantique de ce frère spirituel de René qui inspira tous ses poèmes et la prose immortelle du « Centaure » et de « la Bacchante ». Son épanouissement littéraire avait été retardé par l'espoir de quelque vocation religieuse qu'il avait tenté de consolider à la Chenaie dans l'ombre de Lamennais, mais la condamnation des « Paroles d'un croyant » le rejeta dans le siècle. Ses expériences mondaines de la vie parisienne convenaient à « l'ennui de ses pensions trompées », mais ruinèrent sa santé. Il se maria étant gravement malade. C'est alors qu'il revint au cœur de sa terre natale pour y mourir de la phtisie, et les ivresses ardentes de sa jeunesse s'apaisèrent pour expirer en un credo sur ses lèvres ensanglantées.
Hommes écrivains et artistes célèbres du Tarn - Docteur L. DEVOISINS, Ancien maire d’Albi – Bordeaux 1956.
Sites à visiter 123

Eugénie de GUERIN (1805-1848)

*Sa soeur, de cinq ans plus âgée que lui, veilla sur son âme et sur son esprit avec un soin jaloux et un amour quasi maternel. Elle voulut sauver Maurice de l'incroyance et raffermir une foi chancelante, à laquelle George Sand ne croyait pas, mais que sa soeur proclamait avec une sorte de rage, comme si elle avait voulu écraser un blasphème. « Du cercle de feu des passions, je l'ai vu passer dans celui de la vie chrétienne. » L'énorme volume de sa correspondance et de son journal est la confession émouvante d'une croyante.
Et cette « pythonisse de la solitude », à laquelle Barbey d'Aurevilly qui n'avait probablement rien compris à sa noblesse, « trouvait trop de Dieu dans son sein », doit être tenue en vérité, et les prélats de l'Église l'affirment justement, pour l'image même de la foi véritable. Elle avait pensé d'ailleurs à entrer dans l'ordre des religieuses de Saint-joseph de l'Apparition, fondé à Gaillac par Emilie de Vialar, qui a été récemment canonisée.
Du point de vue littéraire, aucune des femmes illustres ne l'a dépassée. On ne soupçonne pas ordinairement la place que tient le souvenir de Maurice et d'Eugénie de Guérin non seulement dans les lettres, mais encore dans les cœurs. Un véritable culte est célébré et se manifeste même très loin hors de France, entretenu par les amitiés guériniennes, et le pèlerinage annuel auprès de la double tombe d'Andillac est pour les fidèles un geste non pas tant de fidélité touchante que de rituelle piété. Hommes écrivains et artistes célèbres du Tarn - Docteur L. DEVOISINS, Ancien maire d’Albi – Bordeaux 1956.
Site à visiter
Journal et fragments (serveur Gallica de la BNF)
Journal (Frantext & Gallica)
Recueil de lettres (Frantext & Gallica)
RELIQVIÆ publié par Jules Barbey d’Aurevilly et G.S. Trébutien (serveur Gallica de la BNF)



Louisa PAULIN (1888-1944)

*Louisa Paulin née à Réalmont, écrivit d'abord des poèmes en français, et la « foi en la langue doc », qui lui vint relativement tard, la pénétra tout entière. « Sa Ronde des Morts » et sa « Fresca », dont certains passages sont de véritables chefs-d’œuvre, lui assureront une place enviable dans l'histoire des lettres. Sa vie douloureuse et sa fin pitoyable ont, en plus de son talent, attiré à Louisa Paulin des admirateurs fidèles et fervents.
Hommes écrivains et artistes célèbres du Tarn - Docteur L. DEVOISINS, Ancien maire d’Albi – Bordeaux 1956.
L’Oiseau sauvage
Tombeau de Louisa Paulin (de Louis Noël Belaubre 1932- )

Lucien FABRE (1890-1952).

*Il naquit à Pampelonne en 1890. Lauréat du prix Goncourt 1923 qui étendit sa renommée avec « Les Rabevel ou le mal des ardents », il eut une activité littéraire diverse et également heureuse. Le roman avec « Le Taramagnou » et « On vous interrogera sur l'amour », le théâtre avec « Tristan et Isolde », l'histoire avec « Jeanne d'Arc », le tentèrent successivement, de même d'ailleurs que la poésie. Il s'apparente à Paul Valéry, dont il fut l'ami et dans une certaine mesure, le disciple qui écrivit pour lui la préface de « la connaissance de la déesse » La formation scientifique de Lucien Fabre, qui avait publié une étude « sur les théories d'Einstein », l'avait rapproché de l'illustre écrivain sétois et explique la simi­litude de leurs conceptions esthétiques. Lucien Fabre, esprit encyclopédique, mourut en 1952 sans avoir eu le temps de réaliser les promesses que son très grand talent laissant entrevoir.
Hommes écrivains et artistes célèbres du Tarn - Docteur L. DEVOISINS, Ancien maire d’Albi – Bordeaux 1956.



L'ARMEE

Jean de Dieu SOULT (1769-1851)

*Il naquit à Saint-Amans le 29 mars 1769. Enrôlé volontaire le 15 avril 1785, il servit sous les ordres de Custine, de Hoche, de Lefevre. Comme adjudant général colonel, il se battit à Fleurus.
Général de brigade en 1794 et le plus jeune des généraux de division en 1799, il commanda le camp de Boulogne en 1804 et fut fait maréchal de l'Empire. Commandant le 4ème corps de la Grande Armée, son rôle fut déterminant à Austerlitz et il fut, en vertu du Traité de Presbourg, nommé gouverneur de Vienne. Iéna en 1806, Eylau en 1807. Plénipotentiaire au Traité de Tilsitt, il est fait duc de Dalmatie. En 1808, l'Espagne.
En 1813, rentré en France, il commande la Garde impériale à Lutzen et Bautzen. Il revient alors en Espagne au moment de la retraite et, commandant en chef à la bataille de Toulouse, le 10 avril 1814, il arrête la marche de Wellington.
Ministre de la guerre en 1815, il n'abandonne pas son commandement, qu'il exerce comme major général à Waterloo.
Proscrit après la défaite, il rentre en France et est nommé pair de France, ministre de la guerre une seconde fois. Président du Conseil d'abord en 1832, ensuite en 1839 et en 1840. Maréchal général de France, il mourut le 26 novembre 1851.
Le maréchal Soult fut un des plus magnifiques soldats de l'Empire, et Napoléon le comptait comme un des collaborateurs les plus braves et les plus sûrs.
Tant de noms prestigieux gravés sur l'Arc de Triomphe de l'Etoile, tant de noms de victoires auxquelles il participa, rappellent que sa gloire militaire est une des plus éclatantes de toute notre histoire militaire.
Hommes écrivains et artistes célèbres du Tarn - Docteur L. DEVOISINS, Ancien maire d’Albi – Bordeaux 1956.
Sites à visiter : 123 - 4



Le général comte d'HAUTPOUL (1754-1807).

* Hautpoul est né le 13 mai 1754, au château familial de Salettes, près de Gaillac descendant dans une famille d'ancienne noblesse du Languedoc.
Il se dirige très tôt vers la carrière des armes en s'engageant comme volontaire, à 15 ans, dans la Légion corse. En 1777, il passe comme cadet gentilhomme dans le régiment des chasseurs du Languedoc et devient lieutenant-colonel en 1792, puis colonel du 6° régiment de chasseurs à cheval.
Resté à la tête de ses troupes (grâce à l'intervention de ses soldats) lorsque les guerres de la Révolution débutent, il se distingue lors de la victoire de Fleurus (26 juin 1794), au siège de Nimègue ou encore à la victoire d'Aldenhoven (2 octobre) ou à la tête des ses Dragons Français il culbute la cavalerie ennemie deux fois supérieure en nombre, il obtient ensuite le grade de général de brigade et commande la cavalerie d'avant-garde de l'armée de Sambre-et-Meuse de 1794 à 1795.
Affecté ensuite à l'armée du Rhin, il est blessé à Altenkirchen (4 juin 1796). Peu après, il est promu général de division et inspecteur général de cavalerie. Le 18 avril 1797, il participe activement à la victoire de Neuwied.
En 1799, après la bataille de Stockach (25 mars), il se voit injustement accusé par les généraux Lefebvre et Jourdan d'être le principal acteur de cet échec.
Acquitté par le conseil de guerre, il commande une division de cavalerie dans l'armée du général Moreau, durant la campagne d'Allemagne de 1800 : il se distingue dans la plupart des grandes victoires Française que remporte Moreau.
Il se distingue tout d’abord à Engen (3 mai), à Hochstadt (19 juin) où il fait 1,800 prisonniers avec ses Dragons Français, à Biberach, ou encore à Hohenlinden (3 décembre).
En 1803, il se voit confier le commandement de la cavalerie du camp de Saint-Omer puis est fait Chevalier de la Légion d'honneur le 11 novembre, pour enfin en devenir Officier le 13 juin 1804.
A Austerlitz (2 décembre 1805), il s'illustre une nouvelle fois grâce à ses charges de cavalerie, conjointement exécutées avec le général Nansouty qui ont permis d'enfoncer le centre russe et de remporter la victoire.
Fait grand aigle de la Légion d'honneur le 21 février 1806 et sénateur le 19 mars, il prend part à la campagne de Prusse la même année, à la tête d'une division de cuirassiers : il détermine le sort de la victoire d’Iéna (14 octobre).
Le 8 février 1807, il est présent, à la tête de ses cuirassiers, à la célèbre « charge des 80 escadrons », mais est mortellement blessé par un biscaïen qui lui fracasse la hanche, lors de sa troisième charge : il succombe de la gangrène, le 13 février.
Ainsi est mort ce grand général de cavalerie qui était sur le point d'être nommé maréchal. Napoléon le fera inhumer au Panthéon et ordonnera d'édifier une statue équestre le représentant avec une partie des canons pris à l'ennemi durant cette dernière bataille : l'ordre ne sera jamais exécuté.
Le cœur du général repose dans l’église de Saint-Louis des Invalides sur un cippe en marbre à côté de celui de Conchy depuis 1807.
Les Tarnais – Dictionnaire biographique – Fédération des Sociétés Intellectuelles du Tarn.



Colonel TEYSSIER (1821-1916).

*Il est né à Albi. Sa gloire très pure reste attachée à un épisode entre tous remarquable de la guerre 1870-1871.
Il garda intacte la place de Bitche investie par les Allemands et ne la rendit avec les honneurs de la guerre que sur l'ordre du gouvernement français à la fin des hostilités.
Il mourut à Albi en 1916 et une statue à sa mémoire vient d'être récemment inaugurée.
Hommes écrivains et artistes célèbres du Tarn - Docteur L. DEVOISINS, Ancien maire d’Albi – Bordeaux 1956.

LA MARINE



Jean-François de GALAUP DE LA PEROUSE (1741-1788).

*Il naquit au mas de Gô, près d'Albi, le 23 août 1741.
Ce fut sans nul doute le plus illustre des navigateurs français.
En 1756, à l'âge de 15 ans, il entra dans les gardes-marine. Il se battit contre les Anglais au cours de cinq campagnes. Il fut fait prisonnier; mais en 1764, il commença à courir le monde comme enseigne de vaisseau: l'île Bourbon, Madagascar, Mahé, l'Inde. En 1777, il est nommé lieutenant de vaisseau. La guerre étant déclarée en 1778, il s'empare de la frégate « l'Ariel ». Nommé capitaine et commandant « l'Astrée », il inflige une dure défaite à l'escadre anglaise. C'est en 1781 qu'il fut chargé de détruire les établissements anglais de la baie d'Hudson et qu'il remplit sa mission avec un succès total.
Mais son voyage d'exploration scientifique, celui qui restera son plus beau titre de gloire, il l'entreprit en juillet 1785 avec les vaisseaux « la Boussole » et « l'Astrolabe », sur lesquels s'étaient embarqués des savants, botanistes, mathématiciens, médecins, minéralogistes, astronomes. Parti de Brest, il contourna la Terre de Feu, relâcha à l'île de Pâques, se dirigeant ensuite: vers les îles Sandwich, il remonta vers l'Alaska longea la Californie, cingla vers la Chine, explora le Japon et redescendit vers le sud, il relâcha pour la dernière fois à Botany-Bay, en Australie, en février 1788, puis ce fut le silence. « L'Astrolabe » et « la Boussole » se perdirent corps et biens sur les récifs de Vanikoro et tous les naufragés furent massacrés. On rechercha La Pérouse. Ce fut à Dumont d'Urville, embarqué sur une nouvelle « Astrolabe », qu'était réservé l'honneur de retrouver les restes de ses navires. Il parvint à arracher aux récifs des ancres et des canons rouillés que l'on peut voir à Albi comme des trophées mutilés au pied de la statue de l'illustre marin.
Hommes écrivains et artistes célèbres du Tarn - Docteur L. DEVOISINS, Ancien maire d’Albi – Bordeaux 1956.
Sites à visiter : 12



Henry-Paschal de ROCHEGUDE (1741-1834).

*Il est né à Albi le 18 décembre 1741. Marin, homme politique, et enfin homme de lettres et érudit. Il entra à l'Ecole des gardes de la marine en 1758. La Pérouse y était rentré en 1756. Pendant la guerre de l'Indépendance américaine en 1778, il lutta avec la Hollande et l'Espagne contre l'Angleterre et prit part à la bataille d'Ouessant.
Il passa plusieurs années dans la mer des Antilles et à Saint-Domingue; mais, en 1787, désabusé et lassé par l'indiscipline qui régnait à cette époque, il se retira avec le grade de capitaine de vaisseau. Il devait être nommé plus tard contre-amiral.
En face de la Révolution Rochegude, déjà rompu aux études philosophiques et sociales, admirateur de Voltaire et de Rousseau, se rallia aux idées nouvelles. Il fit partie des Etats généraux, fut élu maire d'Albi et, par la suite à la Convention et au Conseil des Cinq-Cents. Il ne vota pas la mort du roi, mais sa détention et le bannissement à la paix.
Rochegude se retira définitivement à Albi en 1799, à l'âge de 58 ans. A partir de ce moment, il se livra exclusivement aux études scientifiques et surtout littéraires. Il étudia spécialement la langue et la littérature du Moyen Age, et en particulier les œuvres des troubadours « Le Parnasse occitanien » et « l'Essai d'un glossaire occitanien » sont des monuments d'érudition clairvoyante et raisonnée. Il continua jusqu'au dernier jour ses études, mais il consacra pendant les dernières années de sa vie plus de temps à la méditation, à la retraite et à la charité. Il fit de la ville d'Albi son héritière universelle, et mourut en 1834 à l'âge de 93 ans. Il lui légua son hôtel, sa bibliothèque et ses propriétés. Il voulut être enterré dans le cimetière de l'hôpital, sous une pierre anonyme. La trace même en est aujourd'hui perdue.
Hommes écrivains et artistes célèbres du Tarn - Docteur L. DEVOISINS, Ancien maire d’Albi – Bordeaux 1956.
Les Tarnais – Dictionnaire biographique – Fédération des Sociétés Intellectuelles du Tarn




Emmanuel de LAS CASES (1766-1842)

*Il naquit près de Lavaur, le 21 juin 1766.
En qualité d'enseigne de vaisseau, il participa au siège de Gibraltar et au combat naval de Cadix en 1782. Il entreprit, par la suite, un long voyage maritime, au terme duquel il fut à 21 ans élevé au grade de lieutenant de vaisseau. Emigré en Angleterre en 1789, il rentra en France, s'engagea dans l'armée et servit sous le général Bernadotte. Napoléon lui donna le titre de Chambellan et, confiant dans ses qualités d'organisateur, le chargea de missions administratives importantes.
En 1814, il resta dévoué à la cause de l'Empereur, qui le nomma Conseiller d'Etat à son retour de l'île d'Elbe.
Après Waterloo, il ne voulut pas abandonner Napoléon et le servit à Sainte-Hélène, où il écrivit « le Mémorial », qui lui assure l'immortalité.
Cet ouvrage n'est pas seulement un monument valable pour l'histoire d'une grande destinée, c'est aussi le témoignage touchant d'une fidélité et d'un dévouement sans défaillance à l'Empereur, qui, dans l'adversité, avait vu autour de lui se déchaîner la trahison et la rancune inexplicable des nations et des rois.
Il vécut à Sainte-Hélène dans l'intimité de Napoléon, partageant sa vie de tous les jours avec une poignée d'amis restés avec lui pour soulager ses peines et ses souffrances et le soutenant pendant les accès de la maladie, dont il devait mourir.
Mais Las Cases fut chassé par la perfidie d'Hudson Lowe, emprisonné au cap de Bonne-Espérance, en Angleterre, sur le continent et partout indignement traité. Libéré enfin sur l'intervention de l'Empereur d'Autriche, il se retira aux environs de Paris et mourut en 1842.
Hommes écrivains et artistes célèbres du Tarn - Docteur L. DEVOISINS, Ancien maire d’Albi – Bordeaux 1956.



LA MEDECINE

Antoine PORTAL (1742-1832)

*Il naquit à Gaillac, le 5 janvier 1742. Il fit ses études de médecine à Montpellier. Il se rendit ensuite à Paris (1766), recommandé par le cardinal de Bernis, archevêque d'Albi, et précédé d'une renommée qui s'étendait à tous les milieux médicaux de la capitale.
Il fut nommé professeur d'anatomie par Louis XV, et publia à cette époque de très importants ouvrages d'anatomie et chirurgie. Professeur au Collège de France en 1762. il est nommé membre de l'Académie des Sciences, où il devint le collègue de Buffon, de d'Alembert, de Condorcet, de Lavoisier.
Il reçut ses lettres de noblesse de Louis XVI et devint le baron Portal. Epargné par la Révolution en raison de ses mérites, il continua son œuvre médicale pendant l'Empire.
A la Restauration, il devint premier médecin de Louis XVIII et, par la suite, de Charles X. En 1820, grâce à lui, fut fondée l'Académie de Médecine dont il fut le président d'honneur.
Il demanda à Louis-Philippe de lui continuer sa confiance, mais la place de médecin du roi était prise et Portal répondit au roi: « Je saurai attendre ». Il avait 88 ans.
Il fut le médecin du duc de Bourgogne, du prince de Condé, de Boufflers, de Lauzun, de Buffon, de Marie-Joseph Chevrier, de Mlle Clairon, du Cardinal de Rohan et de tout ce que le monde parisien comptait de noms illustres.
Il soigna aussi le pape Pie VII pendant son séjour à Fontainebleau.
Il mourut le 23 juillet 1832, à l'âge de 90 ans, célèbre et vénéré.
Hommes écrivains et artistes célèbres du Tarn - Docteur L. DEVOISINS, Ancien maire d’Albi – Bordeaux 1956.



Général LE PINEL (1746-1826).

*Il naquit à Gaillac en 1746 et mourut en 1826. L'on sait trop peu en général le rôle éminent que joua le docteur Pinel dans l'évolution de la médecine.
Il fut le premier à voir chez les aliénés non pas des créatures presque animales réprouvées ou possédées par l'esprit du mal, mais de véritables malades auxquels leurs frères humains devaient être secourables.
Au lieu de les brutaliser, il fit tomber leurs chaînes et transformer leur prison en maisons de soins, pour leur apporter le secours d'une thérapeutique efficace et le réconfort d'une pitié clairvoyante.
Le docteur Pinel fut un véritable bienfaiteur de l'humanité.
Hommes écrivains et artistes célèbres du Tarn - Docteur L. DEVOISINS, Ancien maire d’Albi – Bordeaux 1956.

LES ARTS

Henri de TOULOUSE-LAUTREC (1864-1901).

*Peintre, il naquit à Albi. Une certaine forme de snobisme n'a voulu voir en Toulouse-Lautrec que le peintre, difforme et débauché, du vice, des maisons closes et des bals libertins de Montmartre.
Un autre snobisme par réaction en a fait un apôtre secourable aux femmes damnées, un moraliste et un rédempteur.
On aurait pu craindre pour toutes ces raisons que l'anecdote nuise à la connaissance profonde du génie et que l'intérêt, d'ailleurs légitime, que mérite la personnalité du peintre prime l'admiration que l'on doit à son oeuvre. Or, il semble au contraire que la curiosité, trop souvent malsaine d'ailleurs, ait abouti à la compréhension.
C'est en ce sens qu'il faut savoir gré au film récent « Moulin-Rouge » d'avoir, en faisant le tour du monde, apporté la révélation de Toulouse-Lautrec (un Toulouse-Lautrec certes surprenant et mal compris pour ceux qui connaissent le détail de sa vie) à un public qui n'aurait peut-être pas soupçonné son existence.
Son oeuvre, à laquelle l'on rend enfin avec justice, sans restriction et sans réserve, l'hommage qui lui est dû, est l'une des plus attachantes, des plus émouvantes et des plus parfaites qui soient. « Portrait de sa mère », « la Goulue », « Valentin le désossé », « son cousin, le Docteur G. Tapié de Celeyran », « Berthe Bady », « le Salon », « Portrait de Maurice Joyant », « l'Anglaise du Havre »).
Car le maître d'Albi (c'est au musée d'Albi qu'on conserve la plus belle collection qui soit au monde), ne nous y trompons pas, n'est pas seulement touchant par sa disgrâce physique, inquiétant par la complexité de son comportement et de sa psychologie et pitoyable par la profondeur de ses renoncements, il est avant tout un des plus grands peintres de tous les temps.
Hommes écrivains et artistes célèbres du Tarn - Docteur L. DEVOISINS, Ancien maire d’Albi – Bordeaux 1956.
Site à visiter



LA POLITIQUE

Emile COMBES (1835-1921).

*Fils d’un pauvre tailleur d’habits, Emile Combes est né à Roquecourbe en 1835. Ayant fait ses études au Petit séminaire de Castres, puis à Paris, il revint enseigner un temps dans le sud du Tarn, avant de partir pour la Charente où, devenu athée et anticlérical, il fera une carrière politique de dimension nationale (maire de Pons et sénateur de 1885 à sa mort en 1921). Il reste aujourd’hui le seul chef de gouvernement français (avec Soult) qui soit né dans le Tarn, de parents tarnais.
A l’origine de la séparation des Eglises et de l’Etat – bien malgré lui, puisqu’il était plutôt favorable au maintien du Concordat – il fut contraint de démissionner avant le vote définitif de la loi (1905). Dès 1902-1903, il avait mené une vive campagne anticléricale, notamment contre les congrégations, en mettant en œuvre la loi sur les associations de 1901. En ce domaine, la position de Jaurès était claire. Anticlérical mais non antireligieux, il croyait en la loyauté républicaine de Combes et pensait qu’il fallait donner aux radicaux la possibilité d’aller au « bout de leur programme », c’est à dire, précisément, jusqu’à la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Une loi au vote de laquelle le leader socialiste contribua grandement, d’abord par une longue campagne de presse dans l’Humanité, de mai 1904 à décembre 1905, ensuite par sa participation éminente à la rédaction de l’article IV qui laisse une place à la hiérarchie catholique dans l’organisation des associations cultuelles.
C'est sous son ministère que se manifesta le redressement diplomatique de la France qui aboutit à la conclusion de l'Entente cordiale signée par Delcassé au nom de la France en avril 1904. Il mourut en 1921.
Hommes écrivains et artistes célèbres du Tarn - Docteur L. DEVOISINS, Ancien maire d’Albi – Bordeaux 1956.
Site à visiter



Jean JAURÈS (1859-1914).

*Il naquit à Castres en 1859. Lauréat du concours général, agrégé de philosophie, il enseigna à Albi. Il s'y maria et y vécut.
Il médita souvent dans sa propriété de Bessoulet, près de Villefranche-d'Albigeois, et son activité politique se cristallisa autour du Bassin houiller de Carmaux, dont il fut le député. C'est dire que, Tarnais par ses origines, sa pensée resta attachée à la terre natale qui l'inspira toute sa vie, et que de toute son âme il lui resta fidèle.
Jaurès fut surtout le militant d'un socialisme d'inspiration française, dont il resta le chef quelquefois combattu, mais toujours respecté. Sa grande figure domina les luttes politiques de la III" République sur les destinées de laquelle il eut une influence certaine jusqu'au jour où il fut assassiné à la veille de la guerre de 1914.
Les mouvements sociaux qu'il soutint à Carmaux et qu'il fit triompher furent le signal d'une émancipation que le peuple des travailleurs tarnais espérait depuis que le développement industriel de notre département lui avait donné conscience du rôle qu'il devait jouer dans la vie de la nation.
Mais l'homme politique, s'il fut grand, le doit pour une part à l'immense culture et à l'esprit du philosophe. Philosophe épris de justice, dont la dialectique, préoccupée avant tout de l'humain, dédaigna de se perdre dans la sècheresse doctrinale, ou les détours d'une pensée trop didactique, pour se pencher sur les grands problèmes de la misère, de la souffrance et de la paix.
Jaurès fut certes un des plus grands noms de l'éloquence française. Mais on oublie, peut-être trop qu'il fût un des écrivains les plus parfaits de notre langue, et certaines pages magnifiquement vibrantes de pensée et en même temps admirables par leur perfection formelle sont dignes de figuier à côté des plus illustres dans nos anthologies.
Si l'on peut juger aujourd'hui sans passion partisane avec la sérénité et l'esprit de justice apaisée qu'apporte le recul des années, il faut dire, il faut affirmer que Jaurès, politique ardent mais désintéressé et sincère profondément, fut avant tout un homme fraternel pour les autres hommes et qu'il marqua sans nul doute de son génie l'évolution de la pensée universelle. Il faut regretter que cette étude trop rapide ne nous ait pas donné la possibilité de retenir tous les noms estimables qui ont contribué à assurer le prestige du pays tarnais. Du moins nous a-t-elle permis de saisir dans son étonnante diversité l'essence même de son génie, qui est comme le reflet fidèle du génie français, mais qui ne saurait être le résultat d'un déterminisme ethnique ou géographique. Car, en vérité, les courants d'idées, les doctrines, les civilisations même qui s'affrontèrent dans notre département au cours des croisades, des guerres ou des invasions ont apporté tant de rivalités spirituelles, de croyances contradictoires et imposé tant de mélanges que les formes si différentes de l'intelligence et de l'âme tarnaise ne peuvent être que des résurgences indépendantes et fortuites ou que les manifestations de synthèses raciales, dont il est impossible de retrouver les sources profondes.
Que nous importe, après tout, de ne pouvoir complètement expliquer s'il nous reste la fierté, à nous Tarnais, de pouvoir - sans réserve - admirer.
Hommes écrivains et artistes célèbres du Tarn - Docteur L. DEVOISINS, Ancien maire d’Albi – Bordeaux 1956.
Site à visiter



Et quelques autres moins connus :

Louis-Charles BELLET


Retour

 Liens divers :

Puce Tourisme dans le Tarn
Puce Tourisme en Aveyron
Listes Yahoo 81 & 12
Puce Généalogie Tarn
Puce VRAM2
Puce Généalogie Aveyron
Puce Noms d'Occitanie
Archives départementales
Puce A. D. TARN
Puce A. D. AVEYRON

 Rive droite :

Puce Bor et Bar
Puce Cabanès
Puce Castelmary
Puce Centrès
Puce Crespin
Puce La Fouillade
Puce La Salvetat
Puce Lescure-Jaoul
Puce Lunac
Puce Najac
Puce Naucelle
Puce Saint-André
Puce Saint-Just
Puce Tauriac
Puce Tayrac

 Espace Membre :
puce.gifAccès privilégié

 Mini-stats :
membre 0 Membres

Stats Plus de stats...


Créé avec PwsPHP
Design PwsFusion
Page générée en 0.048 secondes avec 10 requetes
Réalisé avec Pwsphp® Version 1.2.3, distribué sous licence CeCILL